La Grèce sort officiellement de sa mise sous tutelle en terminant le dernier plan d'aide depuis 2010. En a-t-elle pour autant terminer avec l’austérité ?
La Grèce

Plan d’aide à la Grèce depuis 2010

La Grèce était le dernier pays de la zone euros à émerger des plans d'aide internationaux, après le Portugal, l'Irlande, l'Espagne et Chypre, qui lui ont évité de sombrer pendant la crise et de risquer d'entraîner avec elle la zone euro.

Elle avait reçu de ses créanciers (FMI, UE et BCE) un total de 289 milliards d'euros de prêts injectés en trois programmes successifs : en 2010, 2012 et 2015.

Cependant, le pays avait été contraint en contrepartie a une série de réformes violentes exigées par le FMI, dont certains créanciers eux-mêmes reconnaissent aujourd'hui qu'elles n'étaient pas toutes optimales.

Conséquence :  une perte d’un quart de son PIB en huit ans, poussant le chômage à 27,5% en 2013, et des licenciements ont fait rage après la fermeture de milliers de petites et moyennes entreprises.

Nouveau souffle pour la Grèce

Le 21 juin, les ministres des Finances de la zone euro avaient trouvé un accord pour permettre à la Grèce de quitter la tutelle de ses créanciers deux mois plus tard.

Ainsi, la Grèce sort officiellement ce lundi 20 août de son troisième, et dernier, plan de renflouement financier, d’un montant de 86 milliards d’euros, et de la tutelle des mémorandums d’ajustement.

"Pour la première fois depuis début 2010 la Grèce se tient debout sur ses deux pieds", s'est réjoui tôt ce lundi dans un communiqué Mario Centeno, ministre des Finances du Portugal et président du Conseil des gouverneurs du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui a piloté le dernier programme.

Mario Centeno a considéré l'évènement comme le résultat de "l'effort extraordinaire du peuple grec, la bonne coopération avec l'actuel gouvernement grec et les efforts des partenaires européens", qui ont consenti prêts et aménagement de dette.

"L'économie, la société et tout le pays entre désormais dans une nouvelle phase", s'est félicité lundi de son côté le porte-parole du gouvernement grec Dimitris Tzanakopoulos lors d'un entretien matinal à la radio athénienne RealFm.

"Cela a pris plus de temps que prévu, mais je pense que nous y sommes", a ajouté M. Centeno.

Le pays a, désormais, l’espoir de pouvoir de nouveau se financer à terme sur les marchés.

Mais pour Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques : « Le temps de l'austérité est terminé, mais la fin du programme n'est pas le bout du chemin de ces réformes ».

La cure d’austérité est loin d’être finie pour la Grèce

« Si nous revenons sur ce que nous avons accepté, maintenant ou dans le futur, les marchés nous abandonneront et nous ne serons plus en mesure de refinancer dans des conditions viables les prêts arrivant à échéance. »

C’est ainsi que Yannis Stournaras, gouverneur de la banque centrale, met en garde contre toute remise en cause des engagements qu’Athènes a pris auprès de ses créanciers, lors d’un entretien publié dimanche par le quotidien Kathimerini.

La dette étant toujours de 180% de son PIB.

La Grèce estime cependant avoir de quoi assumer ses paiements jusqu'à fin 2022,  grâce à des aménagements de dette obtenus en juin auprès de ses confrères européens, notamment en prolongeant les échéances et en accordant des délais de grâce sur un montant total.

En effet, Athènes s’est engagé à dégager un excédent budgétaire primaire, hors service de la dette, de 3,5 % du PIB jusqu’en 2022 puis de 2,2 % jusqu’en 2060.

Cette initiative vise à rassurer les investisseurs.

Cependant, le scepticisme reste de mise car les Grecs ne sont pas dupes et n’ont aucune illusion sur les miracles économiques que le gouvernement actuel de Tsipras pourrait accomplir.

Ainsi, l’Europe reste le seul recours d’un changement en Grèce.

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